Actualité

Un nouveau Trophée pour les Grands Prix du Festival en 2019 !

MENGUE (1855-1939), ami de Rodin, et ayant fait partie de l’Ecole Falguière, ce sculpteur né et ayant vécu à Luchon puis Paris, est à l’origine de nombreuses œuvres dont celle des Fontaines du Grand Palais et qu’on retrouve à Luchon (Monument aux Morts, « La Vallée du Lys », « Caïn et Abel » et le buste de « Marcel Spont » !). On y voit son buste Place Mengue.

Le Festival TV de Luchon a été séduit par son œuvre « LE PÂTRE » (jeune berger pyrénéen), sculpture exposée aujourd’hui au Musée de Bagnères de Bigorre.

Lors de sa prise de fonction, Christian CAPPE souhaitait retrouver pour le Festival un trophée évocateur de la manifestation. Sa rencontre avec Mathieu MENGUE (descendant direct de l’artiste) et sa proposition l’a séduit. Christian Miegeville, Président de l’Association du Festival, en fut convaincu et donna son accord.



Edito

Par Mathieu BRETILLARD-MENGUE

Arrière-arrière-petit-fils du Sculpteur Jean-Marie MENGUE

En même temps que nous nous interrogions pour commémorer le 80ème Anniversaire de sa Mort, nous revenait en images « l'ombre de Cyrano ou de d'Artagnan », celle d'Edmond ROSTAND, notre compatriote, de DUMAS ; on avait si souvent portraituré Jean-Marie MENGUE comme un ces « personnages de légende, égarés dans leur(-s) siècle(-s) », qu'il nous semblait tout droit sorti d'un film.

Un film de cape et d'épée … Avec son « vaste feutre sur lequel on avait toujours été tenté d'accrocher la généreuse plume d'un Mousquetaire, un visage clair, orné d'une barbiche où brillaient encore quelques fils d'argent, des yeux rieurs, toujours emplis de jeunesse et un sourire quelque peu narquois », sa démarche était encore, l'âge venu, alerte et « sa canne, aussi précise qu'une rapière, qui fauchait les herbes trop hautes et envoyait rouler au loin les pierres et les galets qui encombraient sa route ».

Le décor était planté ; son ascension pour gravir la montagne – celle d'un « enfant du Pays » qui lisait le dictionnaire le soir en s'endormant après une journée de labeur où il avait gardé les troupeaux sur les hauteurs de GARIN en sculptant (déjà !) dans de petits morceaux de bois -, il la prépara seul, à force de « volonté et d'énergie ».

Nous le tenions là, notre synopsis ! Le tourbillon dans lequel il fut ensuite, dès 1876, emporté en « montant sur PARIS » où il ouvrit son propre atelier, avenue du Maine au 54 (XVème.), le conduisit, en plein de coeur de l'effervescence artistique du Montparnasse et, surtout, de l'entre-deux-guerres, à tous les connaître puis à les fréquenter, à travailler pour et avec eux, les comptant qui parmi ses maîtres, qui parmi ses plus proches amis : BOURDELLE, FALGUIERE - le chef de file de ceux qu'on ne tardera pas à appeler le « Groupe des Toulousains » dont il était issu avec MARQUESTE,  MERCIE, SEGOFFIN, SEYSSES -, les MERCIER et Paul DUBOIS, de l'Institut et puis RODIN, bien sûr, dont il fut Praticien, Camille CLAUDEL mais aussi CHARPENTIER, LARCHE, VAN WEYDEVELDE …

Primé, récompensé des plus hautes distinctions au « Salon des Artistes Français » jusqu'à en faire « rougir sa boutonnière » comme on disait à l'époque, sa longévité lui permit de traverser l'Art nouveau, l'Art déco. et la nouvelle sculpture des années '30 ; c'est ainsi qu'en pur produit de cette IIIème. République (où on s'élevait encore au mérite), on a pu dire que les oeuvres de MENGUE - qui ont commencé par emprunter aux grands mythes, tels « Caïn & Abel » aux Quinconces -, permettaient, aussi, aux plus humbles, ces paysans de nos hautes vallées, d'être reconnus et « dignes de pénétrer dans les salons les plus feutrés » de la capitale !

« Bon sang mais c'est bien sûr » ! Nous étions en train de faire le lien : comment notre Festival, « debout dans sa ville et dans son territoire », selon les mots de son Président, Christian MIEGEVILLE, pouvait-il rester aussi insensible au scenario qui s'écrivait là ?

Christian CAPPE, Délégué Général, en a été le premier convaincu, lorsque, au tournant de la Toussaint 2018, lui fut présenté le projet.

D'un Raymond (SOUPLEX) à un autre Raymond ... PEYNET, il perçut alors toute l'ironie de l'histoire qu'il y avait à ce qu'après avoir obtenu de la famille du célèbre Dessinateur « des amoureux » les droits sur un moule, pour en réaliser les premiers Trophées du Festival lors de sa création, ce soit, à son (re-)tour, les descendants de Jean-Marie MENGUE qui vinrent à lui pour lui proposer, dans le Catalogue du Sculpteur, le « Pâtre Pyrénéen ».

Pour la petite histoire, celui-ci fut offert par l'Artiste à un certain Vincent AURIOL à MURET, ville dont il était le Maire et le restera, d'ailleurs, jusqu'à son accession, en 1947, à la Présidence de la République !

Restait à concrétiser.

Pour se faire, nous avons requis les techniques les plus modernes afin de réduire d'environ un tiers les cotes prises sur l'original de la Statue déposé au « Musée Salies » de BAGENERES-DE-BIGORRE (65).

Grâce à Georges ZAMORA (sculpteur commingeois), nous l'avons fait « imprimer » en 3D, en résine au « FabLab Sapiens » de SAINT-LAURENT-DE-NESTE (65), avant que d'en confier à la Fonderie « ILHAT » de FLOURENS (31) et de son Responsable, Jean-Claude BRU, la réalisation du moule et de toutes les étapes jusqu'au Trophée final, en bronze.

D'une trentaine de centimètres, socle compris, il sera le premier d'une série numérotée et appelée à symboliser notre Festival TV de LUCHON comme l'«Ours d'Or » à BERLIN, les « Molières » pour le Théâtre, les « Césars » pour le Cinéma et en leurs temps, les « 7 d'Or » pour la Télévision !

Ainsi, quand vous voyez apparaître le petit « Pâtre pyrénéen » dont nous avons confié ici l'esquisse au Dessinateur Sauveur CARLUS qui vous rappellera sans doute le trait d'un autre Kiosque (Peynet) à VALENCE et, initiés que vous aurez été, ferez-vous le lien en repensant à cette belle histoire; vous direz-vous toujours comme celle-ci vient de loin, combien est-elle riche d'un passé qui résonne encore jusqu'à nous et dont, dépositaires, nous avons toutes le raisons d'être si fiers ?

Des racines qui nous permettent - et l'image est bien là, solidement appuyé qu'il est sur son bâton comme les « Oscars » sur leur épée mais aussi, déjà songeur, si jeune, le visage encore enfantin et la pèlerine du Berger, si reconnaissable et insensible aux aléas climatiques -, de regarder comme celui qui sait où il va conduire son troupeau, avec confiance, vers un avenir dont le propre est d'être toujours incertain.

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